La diffusion, sous différentes formes et à tous les publics, des savoirs et savoir-faire constitue un des volets essentiels de l'activité de l'INERIS.
Grâce à son expertise en métrologie des polluants et en évaluation de risques sanitaires, l’INERIS apporte depuis 2009 un appui technique aux pouvoirs publics sur l’évaluation et la réduction des risques liés aux émissions d’hydrogène sulfuré (ou sulfure d’hydrogène, H2S) produites par la décomposition d’algues vertes sur les plages bretonnes.
A la suite de la mort d’un cheval à Saint-Michel-en-Grève (Côtes d’Armor) le 28 juillet 2009, l’INERIS avait été sollicité le 11 août par le ministère de l’Ecologie pour estimer les teneurs en hydrogène sulfuré et déterminer la présence d’autres composés gazeux toxiques susceptibles d’être émis par les algues vertes (ulves) en cours de fermentation. L’Institut était intervenu dès le 13 août dans la baie de Saint-Michel-en-Grève.
Les principaux composés détectés lors de cette intervention étaient l’hydrogène sulfuré, l’ammoniac et le diméthylsulfure, qui peuvent être dangereux pour la santé à certaines concentrations. Le principal composé mis en évidence, l’hydrogène sulfuré, est toxique par inhalation : sur deux points de prélèvement, ont été mesurées des valeurs locales présentant un risque mortel en cas d'exposition pendant une durée de quelques minutes. Ces résultats ont confirmé la nécessité d’appliquer des mesures de prévention visant à éviter l’accumulation et la fermentation des algues dans des lieux accessibles au public, par des actions de ramassage.
A la suite de ces travaux, l’INERIS a été sollicité, début 2010, par le ministère de l’Ecologie pour formuler des premières recommandations pour limiter les risques sur l’ensemble de la filière de ramassage, transport et traitement des algues vertes.
L’étude réalisée par l’Institut fait le point sur les paramètres influents sur le développement et la prolifération des algues vertes, sur les quantités ramassées et la variabilité géographique et temporelle des tonnages en fonction des spécificités des baies touchées. Il présente une analyse des opérations de ramassage, de stockage, de transport, de dépotage et de traitement des algues vertes, conduite sous l’angle de la maîtrise des risques.
Les recommandations portent sur la démarche d’évaluation des risques, la connaissance des émissions, la prévention des expositions et l’amélioration des bonnes pratiques de valorisation des algues.
D’une manière générale, afin de limiter les risques d’exposition aux gaz toxiques dégagés lors de la décomposition des algues, il est primordial d’assurer la traçabilité des algues tout au long de la filière ramassage-transport-traitement, et de limiter au maximum leur durée de stockage lors des différentes étapes.
L’importance de signaler clairement les sites d’échouage au public est également rappelée. Ce document s’inscrit dans la complémentarité des travaux réalisés dans le cadre de la saisine de l'Afsset (devenue aujourd’hui l’Anses) de février 2010 à laquelle l’INERIS a contribué et en particulier de la note concernant les recommandations de prévention des risques pour la santé des populations avoisinantes, des promeneurs et des travailleurs.
Autres rapports d'étude
- Caractérisation des concentrations en hydrogène sulfuré et autres composés soufrés sur la plage de la baie de Morieux (22) et à l’embouchure du Gouessant (2011)
- Contribution à l’interprétation des causes de mortalité d’animaux observée en juillet-août 2011 dans l’estuaire du Gouessant, dans la Baie de Morieux (2011)
Annexes





